Un Tasmanien chez les Calcéens

27 avril 2016

Image1_RichardSpearingLe 19 juillet dernier, Australiens et Britanniques, réunis à Fromelles dans le département du Nord, rendaient hommage à leurs aïeuls tombés dans une sanglante attaque de diversion lancée en juillet 1916. Cette importante cérémonie, à laquelle assistait le Prince Charles, mettait un terme à la ré-inhumation de plusieurs dizaines de soldats australiens et britanniques, portés disparus depuis la bataille et retrouvés dans une fosse commune oubliée près de 90 ans. A cette occasion, de nombreux ressortissants australiens ont fait le déplacement depuis leur lointaine contrée. D’autres villes et villages (Ypres (Belgique), Bapaume & Bullecourt (P-de-C), Pozières & Villers-Bretonneux (Somme)) accueillent régulièrement des pèlerins australiens, venus se recueillir sur les anciens champs de bataille où leurs parents ont combattu. Le village de La Cauchie, pourtant éloigné de quelques kilomètres de l’ancien front de la grande guerre, a également eu à plusieurs reprises la visite des descendants de combattants australiens tombés en 1918. Le dernier en date s’appelait Rodney Fleming, un Tasmanien, venu honoré en mai 2009 et pour la toute première fois son grand oncle, Richard Spearing. Cet article est l’occasion pour les Calcéens de revenir sur un événement exceptionnel et emprunt de recueillement.

Un peu d’Histoire

Au début de l’année 1918, le front est très éloigné de La Cauchie, se situant plus à l’Est sur une ligne passant notamment par Lens, Cambrai et Saint-Quentin. Cependant le 21 mars suivant, Image2_RichardSpearingl’armée allemande lance son offensive de la « dernière chance » pour l’espère t’elle enfoncer le front allié à la jonction des armées britanniques et françaises. Des villages et des villes sont rapidement occupés ou réoccupés par les Allemands. Un vent de panique souffle sur les alliés. L’armée britannique plie notamment sous le choc et des unités retraitent. La désorganisation s’installe dangereusement. Le 26 mars 1918 à Doullens, le général Foch est désigné officiellement pour coordonner l’action des armées alliées sur le front Ouest. Le commandement unique est né. Fin mars 1918, des éléments de la 4e brigade d’infanterie australienne de la 4e Division sont cantonnés à La Cauchie et dans les villages des environs (notamment à La Herlière où pendant cette période, plusieurs soldats australiens ont gravé dans la pierre blanche leurs noms dans les souterrains du village). Les Australiens, faisant partie intégrante du dispositif allié, vont être rapidement engagés au sud de l’Artois pour enrayer l’irrésistible avance de l’ennemi. Dans le secteur d’Hébuterne, l’action des diggers (surnom donné aux soldats australiens) va stopper l’avance allemande et fixer de nouveau la ligne de front (aujourd’hui encore, une borne routière, surmontée d’un casque et installée sur le bas côté de la route entre Hébuterne et Puisieux, marque l’endroit où la ruée ennemie a été stoppée à la fin mars 1918). Dans ces engagements meurtriers, de nombreux soldat australiens ont laissé leur vie ou une partie d’eux même. Le caporal Richard Spearing est l’un d’eux.

Image3_RichardSpearingRichard Spearing

Né en Australie à Camperdown (Etat de Victoria), Richard, jeune ouvrier de 20 ans, s’engage en juillet 1915 à Melbourne dans l’armée australienne. Après une période d’entraînement, Richard et ses compagnons d’arme du 14e bataillon d’infanterie (unité attachée à la 4e brigade de la 4e Division) sont envoyés en mars 1916 en Egypte. A Alexandrie, ils sont réembarqués pour aller compléter le corps expéditionnaire britannique sur le front français. Ils arrivent à Marseille et traverse la France pour rejoindre le front. En septembre 1917 à Zonnebeke (Belgique), Richard se distingue au feu en faisant preuve d’un grand courage devant l’ennemi. En effet sous un fort bombardement et un feu continu de mitrailleuse, il stoppa avec un fusil mitrailleur Lewis l’ennemi en lui causant des pertes. Son comportement, qualifié d’exemple pour sa section par le lieutenant-colonel W. Smith, commandant du 14e bataillon, lui vaudra l’attribution de la médaille militaire. En février 1918, il est promu caporal. Engagé avec son bataillon à Hébuterne, il est grièvement blessé le 28 mars 1918. Emmené vers l’arrière pour y être pansé, il décède des suites de ses blessures dans une ambulance de la 62e division britannique (très probablement établie à La Cauchie pendant cette période). Sa pauvre mère, madame M. Maynard, recevra quelques temps après l’annonce de sa mort ses effets personnels. Ceux-ci comprenaient alors son disque d’identité militaire, des photos, un miroir, ses insignes et boutons, le ruban de sa médaille militaire, son portefeuille et un peigne.

Richard Spearing est inhumé dans le cimetière de La Cauchie en compagnie d’autres soldats australiens et britanniques, tous tombés en mars 1918.

Un pèlerinage inoubliable

Le 20 mai 2009, c’est sous un franc soleil que Robert Lesage, maire de la commune, Emmanuel Riche, président d’Artoisud 14-18, Chantal Rizza et Marie Gabet, professeurs d’anglais au collège de Pas-en-Artois, ont accompagné Rodney Fleming dans son périple artésien. Après une visite commentée dans les rues d’Arras, nos pèlerins se sont rendus sur le champ de bataille de Bullecourt, haut lieu de mémoire de la grande guerre pour l’armée australienne.

L’après midi selon son souhait, Rodney put se recueillir dans le cimetière communal sur la tombe de son grand oncle et y déposer quelques fleurs. A l’issue, une réception, organisée dans la mairie, rassembla la population et les enfants des écoles. A cette occasion, les jeunes anglophiles purent poser toute une série de questions et en apprendre un peu plus sur cet australien venu de Tasmanie. Cette journée fut pour tous les participants un moment inoubliable.

Texte et photos: E. RICHE, président d’ArtoiSud 14-18

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Au pied du Digger de Bullecourt:

Chantal, Rodney et Robert                                           Emmanuel et Rodney

 

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La Cauchie –

Rodney se recueille sur la tombe de son aïeul                               Rodney, Marie et Robert derrière la tombe de Richard

 

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Les jeunes anglophiles questionnent Rodney

 

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Une partie de l’assistance pendant l’interview

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Le patrimoine de la commune

18 avril 2016

Calceia, Calceaia, et dans le gaulois des chartes Kaussi, el Kalchie, noms signifiant chaussée.

Ce village est situé sur la voie romaine d’Arras à Amiens, par Thièvres.

En creusant près de cet endroit, en 1743, pour obtenir des matériaux nécessaires à la confection de la route, on retrouva cette voie à une profondeur d’environ douze pieds.

Les couches siliceuses et calcaires qui la composaient étaient entièrement broyées.

Cette voie a sans doute été rechargée vers l’an 580, lorsque la reine Brunehaut fit réparer les nombreuses chaussées qui portent son nom.

En 1058, le sire Izembard de Calceaja, est témoin de la donation faite à l’abbaye d’Hasnon de la villa d’Auchiaco.

Dans une charte de 1154, on voit figurer un sire Verry d’el Kalchie.

Jusque vers le milieu du XVIIIe siècle, ce village n’était qu’un hameau dépendant de Bailleulmont.

Mais en 1741, les habitants se mirent à l’œuvre et bâtirent l’église actuelle sur un terrain cédé par un de leurs concitoyens, nommé Cuvillier.

Ils avaient proposé aux religieuses des Chariottes, à Arras, de la bâtir sur un fond qui leur appartenait, elles le refusèrent.

Ils demandèrent alors et obtinrent de l’évêque François Baglion de la Salle, la permission de construire cette chapelle : chacun y travailla avec tant de zèle, qu’elle fut bâtie en très peu de temps.

Ce prélat, infirmé que le marquis D’Hesdigneul, seigneur du lieu, conjointement avec les habitants, avait terminé pour les droits d’amortissement du fond où est située la Chapelle, et que celle-ci était décorée et garnie de toutes les choses nécessaires à la célébration des saints mystères, donna pouvoir au vicaire et au chapelain de la Herlière d’y venir dire la messe, fêtes et dimanches, moyennant une rétribution de 50 livres par an, répartie sur le habitants.

De plus, il permit d’y conserver le Saint-Sacrement dans le tabernacle.

Du 27 décembre 1870 au 2 janvier 1871, la commune fut journellement traversée par la cavalerie et l’infanterie prussiennes.

Lieux dits-Avant 1789, il existait à l’est de ce village une ferme considérable appelée La Hayette et appartenant à M. de Béthune-Hesdigneul.

Elle a été depuis démolie.

Les anciennes cartes relèvent une tour fortifiée près de la Cauchie.

Source : « dictionnaire du Pas-de-Calais Historique et Archeologique du Département du Pas-de-Calais publié par la Commission Départementale des Monuments Historiques arrondissement d’Arras 1873 »

1. LA MAIRIE : rénovée en 2011.

mairie

2. L’EGLISE

Des origines au XVIIIème siècle, certains villages non érigés en paroisse sont desservis par le prêtre de la paroisse-mère ou son vicaire. Ce sont de secours ou annexes.

Bailleulmont, Bailleulval, La Cauchie, La Herlière (jusqu’en 1767) sont regroupés dans la même paroisse.

Source B. Delmaire : « le diocèse d’Arras de 1093 au milieu du XIV ème siècle a. MCDHA PDC – Tome XXXI Arras 1994 ».

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3. LE MONUMENT AUX MORTS

Conflits commémorés : 1914 – 1918

Texte de l’épitaphe :

« LA CAUCHIE A SES HEROS »

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Histoire de la commune

18 avril 2016
  • L’ORIGINE DE LA COMMUNE

District en 1790 : Arras.

Canton en 1790 : Beaumetz-les-Loges..

Arrondissement : Arras.

Canton : Beaumetz-les-Loges.

Hameau de Bailleulmont sous l’ancien régime.

Source : « Paroisses et Communes de France du Pas-de-Calais TII  1975»

  • L’ORIGINE DU NOM

XIIIe s. – LE KAUCHIE. – F.d’Artois.

1301 – LE CAUCHIE. – Id.

1315 – LE CALCIATA. – Id.

Situé, comme l’indique son nom sue la Voie Romaine, ou Chaussée Brunehaut, de Samarobriva à Nemetacum.

Calx, chaux, o fourni Calceata via, chaussée.

Le mot chaux se dit en picard cauche. Se retrouve dans Estrée-Cauchie, Strata Calceata, où passait aussi une Voie Romaine.

Source : « Etude des noms de lieu par L.Ricouart 1891 »

  • PRESENTATION DE LA COMMUNE ET SON HERALDIQUE

Bailleulmont et La Cauchie ne formaient sous l’ancien régime qu’une seule communauté d’habitants, bien que le hameau de La Cauchie ait dressé un rôle de 20e district en 1761.(source : paroisses et commune de France de 1975).

La Cauchie est un petit village français, situé dans le département du Pas-de-Calais et la région du Nord-Pas-de-Calais.

Les habitants de La Cauchie sont appelés les Calcéens et les Calcéennes.

La commune s’étend sur 2,2 km² et compte 215 habitants depuis le dernier recensement de la population datant de 2008. Avec une densité de 95,9 habitants par km², La Cauchie a connu une nette hausse de 18,5% de sa population par rapport à 1999.

La commune est proche du parc naturel régional Scarpe-Escaut à environ 46 kms.

En 2014, le maire de la Cauchie se nomme Madame BERNARD Marie.

HERALDIQUE

Les armes de La Cauchie se blasonnent ainsi :

« d’argent au pal de gueules chargé d’une chapelle d’argent »

 Blason La Cauchie

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